Fare gli italiani

Fare gli italiani

Fare Gli Italiani

Les personnages principaux de l’exposition sont les Italiens, considérés à chaque fois dans leur diversité, leurs différentes facettes et leurs traditions, mais aussi dans toutes les phases qui les ont vus s’unir dans un sentiment d’appartenance commune. Un parcours qui reflète le long processus de formation de l’identité nationale, avec un grand agencement multimédia de 10.000 m2 qui suit les étapes fondamentales de l’histoire de l’unité avec deux critères de narration parallèles. L’un chronologique, l'autre thématique.

La lecture que les commissaires de l’exposition entendent proposer de l’Histoire italienne est celle d’une intégration progressive d’espaces et de réalités initialement séparés et conflictuels. Les fractures qui ont longtemps divisé les Italiens, du reste, n’ont pas concerné uniquement la réalité politique d’une péninsule divisée en une série de petits Etats, en partie soumis à la domination étrangère. Avec la fragmentation géographique, des fractures sociales, politiques et idéologiques se sont vérifiées : on pense aux différences qui dérivent du contraste entre des éléments comme la ville/campagne, centre/périphérie, bourgeoisie/prolétaire, classes dirigeantes/peuple, italien/dialectes, monarchie/république, laïcité/catholicisme etc. Outre naturellement à la dichotomie persistante nord/sud.

E pourtant, parmi tant de facteurs de division, les aspects et les expériences d’unification ont fini par prévaloir. Certains positifs, d’autres terribles. La vie dans les tranchées durant la première guerre mondiale, par exemple, qui a uni des millions de soldats provenant de toutes les régions dans un lien de solidarité fraternelle, basé, sur la lutte commune pour la survie, avant même de se baser sur l'élan irrédentiste (pour la libération de Trento et de Trieste).

A favoriser un sentiment général d’appartenance, cependant, il y a eu aussi diverses expériences et moins traumatiques: la diffusion de la religion catholique, pour commencer avec notre extraordinaire tradition littéraire et artistique. Sans parler du système scolaire qui, avec le service militaire, dès le lendemain de l'Unité italienne, a été l'instrument principal à travers lequel le projet de « Faire les Italiens » a finalement été réalisé.

Sur le parcours de l'exposition, les moments les plus significatifs vécus par l'Italie unie seront racontés à l'intérieur de 13 îles thématiques qui permettent au visiteur d’acquérir une vision globale et approfondie des mouvements, des mécanismes et des phénomènes de longue durée qui ont conditionné l’histoire du Pays. Parmi celles-ci : le monde agricole, l’école, l’Eglise, les mouvements migratoires, la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, les partis de masse, la mafia, l’industrie et, encore, la consommation, les transports, les moyens de communication de masse.

Les 150 ans de l’Unité italienne sont représentés à travers une grande diversité d’instruments, de narrations et de langages, également avec le support de films interactifs et de bustes parlants stupéfiants des principaux personnages historiques. Les éléments héroïques de l’épopée nationale sont documentés mais aussi le prix payé, les contradictions et les espérances déçues.
La photographie, par le biais de daguerréotypes un peu passés, en noir et blanc, et de reproductions de plus en plus lumineuses et toujours plus récentes, montre les personnes et les contextes dans leur dimension authentique, permettant ainsi de découvrir de près et sans intermédiaires les moments de passage de la vie italienne, d'identifier des lieux familiers, d'assister aux phases de transformation des villes et du paysage.

La force descriptive du cinéma permet surtout de traverser les phases du XXème siècle de l’aventure de l’unification en nous fournissant un cadre particulièrement vivant et véridique de la société italienne telle qu’elle apparaissait dans les moments cruciaux comme le second après-guerre et les années du boom économique. Ceci grâce au génie d’auteurs et de réalisateurs comme Rossellini, De Sica, Zavattini, Fellini, Flaiano, Visconti, Comencini, Monicelli et d’autres encore.
Mais le théâtre, lui aussi, nous restitue une image plus explicative de l'identité nationale. Celui musical, qui au XIXème siècle, grâce au génie de Giuseppe Verdi, a apporté une contribution précieuse à la diffusion des idéaux du Risorgimento ; et celui de la prose, qui, avec Pirandello et De Filippo, a su explorer en profondeur la psychologie et les sentiments des Italiens.

Et encore les grands moyens de communication de masse : tout d’abord les quotidiens et les magazines et ensuite la radio et la télévision, les vecteurs qui plus que tous les autres ont su atteindre les différentes couches de la société italienne. Véhicules de culture, de divertissement, d’informations et parfois d’homologation, ils ont contribué de façon décisive au développement d'un bagage commun de connaissances et au partage d’un imaginaire collectif.